À l’approche des élections législatives en Hongrie, un scrutin qui pourrait mettre fin aux 16 ans de pouvoir du Premier ministre Viktor Orbán, un analyste géopolitique français a mis au jour une opération d’influence clandestine. Louis Duclos a rapporté avoir été contacté directement sur LinkedIn pour participer à ce qui était présenté comme une campagne de sensibilisation européenne concernant le vote hongrois.
L’offre était sans équivoque : 450 dollars pour attaquer l’opposition. Selon Duclos, qui a partagé des captures d’écran, le recruteur a estimé qu’il serait « parfait pour cette campagne » après avoir vu ses contenus politiques. La proposition a évolué vers la publication d’un long message sur Twitter ou Facebook s’attaquant à un politicien hongrois du parti d’opposition Tisza. Pour l’analyste, l’objectif ne faisait aucun doute : manipuler l’électorat en faveur de Viktor Orbán.
L’identité du commanditaire est restée anonyme. Après des demandes de précisions de Duclos, son interlocutrice – une jeune femme supposément originaire d’Inde – a indiqué que la campagne était gérée par un certain Ivaan Grey. Le paiement proposé était de 450 dollars par publication, via PayPal, Binance ou virement bancaire. Le client final finançant l’opération préférait garder l’anonymat. Duclos suggère que la recruteuse gagnait probablement une commission pour chaque « client » qu’elle parvenait à engager.
Ces révélations interviennent un jour après que l’ONG Alliance4Europe a dénoncé des opérations d’influence pro-Orbán sur les réseaux sociaux. L’affaire a retenu l’attention des diplomates, comme l’ambassadeur de France en Pologne, Étienne de Poncins, qui l’a qualifiée de particulièrement intéressante pour « mieux comprendre le fonctionnement des campagnes de diffamation et de désinformation ». Cet incident met en lumière les tactiques numériques opaques déployées dans une élection cruciale, où le parti Fidesz d’Orbán fait face à un défi sérieux de la part du parti pro-européen et conservateur Tisza, dirigé par Péter Magyar.
