Des statistiques gouvernementales publiées mercredi révèlent la nature pervasive des violences sexistes et sexuelles au sein du système éducatif français, avec des incidents qui commencent à l’école primaire et s’intensifient à l’adolescence.
Des chiffres préoccupants dès la salle de classe
Les données, compilées par l’Observatoire national des violences faites aux femmes et la direction de l’évaluation du ministère de l’Éducation, ont été rendues publiques dans un communiqué conjoint du ministre de l’Éducation Edouard Geffray et de la ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé.
Le rapport détaille qu’en CM1-CM2 :
– 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes scolaires.
– 8 % affirment avoir été embrassés de force au moins une fois dans l’année scolaire.
– Les filles et les garçons sont exposés à des violences sexuelles dans des proportions comparables à cet âge.
Au collège et au lycée, les chiffres montrent que 15 % des filles et 12 % des garçons déclarent avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle.
Un problème systémique exigeant une réponse globale
« Ces faits ne sont en rien isolés », ont déclaré les ministres. « Ils concernent tous les élèves, filles et garçons, à tous les âges et dans tous les établissements, publics comme privés sous contrat. »
L’exécutif a souligné que l’adolescence représente « un vrai basculement », notant que les données « montrent que les violences sexistes et sexuelles apparaissent dès l’école élémentaire, s’intensifient à l’adolescence, et touchent davantage les filles avec l’âge et le niveau scolaire. »
Réponse politique et mesures proposées
La publication de ces statistiques a coïncidé avec l’annonce par le ministre Geffray de son intention de créer un défenseur des droits de l’enfant au sein de l’Éducation nationale.
Également mercredi, les députés Paul Vannier et Violette Spillebout ont déposé une proposition de loi pour répondre à ce qu’ils ont appelé « l’urgence d’agir » face aux violences scolaires. Ce texte découle en partie de leurs travaux au sein de la commission d’enquête parlementaire qui a suivi le scandale de Bétharram.
La publication par le gouvernement de ces données complètes marque une étape importante dans la reconnaissance de l’ampleur du défi, suscitant des appels à renforcer les mesures de protection tout au long du parcours éducatif.
