Les pourparlers de haut niveau entre les États-Unis et l’Iran, tenus à Islamabad ce week-end, se sont conclus sans accord. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que Washington s’est montré « incapable » de gagner la confiance de Téhéran lors de ces négociations, qui ont duré plus de 20 heures et ont été médiées par le Pakistan.
À l’issue des discussions, le vice-président américain JD Vance a annoncé que Téhéran avait rejeté les conditions de Washington, qualifiées d’« déraisonnables » par les médias d’État iraniens. Vance a souligné que les États-Unis avaient clairement exposé leurs lignes rouges mais sont repartis sans entente.
À l’inverse, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans une publication sur le réseau social X, a affirmé que la délégation iranienne avait présenté des « initiatives constructives ». Il a attribué le manque de confiance aux expériences des conflits passés, déclarant : « L’Amérique a compris notre logique et nos principes, et il est maintenant temps pour elle de décider si elle peut mériter notre confiance ou non. »
Les pourparlers ont été facilités par le Pakistan, qui avait auparavant obtenu un cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril. Ghalibaf a reconnu le « rôle crucial » du Pakistan dans le processus. Le conflit, qui a débuté par des frappes conjointes américano-israéliennes le 28 février, a entraîné plus de 2 000 morts et une importante instabilité régionale, notamment des opérations de représailles iraniennes perturbant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Les positions négociatrices ont révélé un fossé important entre les deux parties. La proposition américaine était un cadre de 15 points axé sur les questions nucléaires et de missiles, l’allègement des sanctions et la réouverture du détroit d’Ormuz. La proposition iranienne était un plan en 10 points visant un plus grand contrôle sur le détroit d’Ormuz, des droits de transit et une levée complète des sanctions.
Malgré cet échec, les deux parties ont indiqué que la diplomatie se poursuivrait. Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a noté que personne ne s’attendait à un accord dès la première réunion. Ghalibaf a juré que la délégation iranienne « ne cessera pas un instant » ses efforts pour consolider les acquis du pays. Le monde observe désormais pour voir si une base pour un dialogue futur a été posée ou si les tensions vont à nouveau monter d’un cran.
