L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de solvabilité à long terme en devises étrangères du Pakistan à ‘B-‘, assortie d’une perspective stable. Cette décision reflète les progrès du pays en matière d’assainissement budgétaire et de mesures de stabilité macroéconomique, qui sont globalement alignés sur son programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
L’agence basée aux États-Unis a noté que la reconstitution des réserves de change au cours de l’année écoulée constitue un tampon contre l’impact économique de la guerre au Moyen-Orient. Elle a également suggéré que le rôle du Pakistan en tant que médiateur pour un cessez-le-feu pourrait offrir des avantages tangibles et compenser partiellement les pressions externes.
**Risques persistants et facteurs clés**
Malgré cette affirmation, Fitch a souligné que la forte exposition du Pakistan aux chocs mondiaux sur les prix de l’énergie reste un risque majeur, particulièrement s’ils provoquent une baisse brutale des réserves de change. L’agence a précisé que le Pakistan s’approvisionne jusqu’à 90% de son pétrole dans le Golfe et dispose d’une capacité de stockage limitée, ce qui crée une exposition significative aux conflits au Moyen-Orient et aux potentielles contraintes d’approvisionnement via le détroit d’Ormuz.
Les principaux facteurs de notation incluent l’accord au niveau des services conclu avec le FMI en mars, qui a débloqué 1,2 milliard de dollars. Fitch a déclaré que ce programme continuera de servir d’ancrage politique crucial, notamment pour le cadre budgétaire, et aidera à mobiliser un soutien multilatéral et bilatéral supplémentaire.
**Projections budgétaires et économiques**
Concernant les mesures fiscales, Fitch a noté que les subventions sur les carburants depuis début mars ont été financées par une réaffectation des dépenses, les coûts étant réduits par des hausses significatives des prix à la pompe et un passage à un système de soutien plus ciblé à partir d’avril. L’agence s’attend à ce que l’impact global sur le déficit budgétaire soit contenu, le gouvernement étant susceptible de réduire d’autres dépenses.
Sur l’inflation, Fitch anticipe que la hausse des prix mondiaux de l’énergie augmentera l’inflation dans les prochains mois. Elle projette une inflation moyenne de 7,9% pour l’exercice se terminant en juin 2026 (FY26), supérieure au niveau du FY25 mais bien en deçà des 23,4% enregistrés en FY24.
La State Bank of Pakistan avait abaissé son taux directeur à 10,5% fin 2025, contre 22,0% en mai 2024. Cependant, le taux interbancaire à terme était remonté à environ 100 points de base au-dessus du taux directeur début avril en raison des préoccupations inflationnistes liées à la tension de l’offre énergétique.
**Croissance et perspectives de la dette extérieure**
Fitch s’attend à ce que le choc énergétique pèse sur la croissance du PIB, mais prévoit tout de même une croissance de 3,1% en FY26, légèrement supérieure aux 3,0% anticipés pour le FY25, citant une confiance améliorée grâce à la baisse des coûts d’emprunt.
L’agence anticipe que les amortissements de la dette extérieure augmenteront à 12,8 milliards de dollars (2,9% du PIB) en FY26, contre près de 8 milliards de dollars en FY25. Ceci inclut un dépôt de 3,5 milliards de dollars remboursé aux Émirats Arabes Unis en avril. Ces projections excluent 9,2 milliards de dollars supplémentaires de dépôts et prêts bilatéraux dont le renouvellement est attendu.
Fitch s’attend à ce que cette dette soit financée principalement par des entrées de fonds du FMI et d’autres sources multilatérales et bilatérales, suivies par des financements commerciaux. Le Pakistan prévoit d’émettre une obligation panda au cours de cet exercice fiscal dans le cadre de sa stratégie de financement.
