Les États-Unis ont initié un blocus naval contre les navires quittant les ports iraniens, a annoncé le président Donald Trump lundi, aggravant les tensions après l’échec des pourparlers de paix ce week-end. L’Iran a immédiatement menacé de mesures de rétorsion contre les ports de ses voisins du Golfe, jetant une ombre supplémentaire sur un fragile cessez-le-feu de deux semaines.
Les prix du pétrole ont grimpé en flèche au-dessus de 100 dollars le baril suite à cette annonce, les analystes avertissant qu’aucune résolution rapide n’est attendue face à cette perturbation sans précédent des expéditions via le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime vitale, qui transporte normalement un cinquième du pétrole mondial, est effectivement fermée par l’Iran depuis le début du conflit le 28 février, ne permettant le passage que sous contrôle iranien et moyennant un péage.
« Nous ne pouvons pas laisser un pays faire chanter ou extorquer le monde », a déclaré le président Trump à la Maison Blanche, affirmant que l’Iran avait été en contact pour chercher un accord. Il a réitéré que tout accord doit empêcher Téhéran d’acquérir une arme nucléaire.
Le Commandement central des États-Unis a indiqué que le blocus serait « appliqué impartialement aux navires de toutes les nations » entrant ou sortant des ports iraniens dans le Golfe et le golfe d’Oman, mais a précisé qu’il n’entraverait pas le transit neutre vers des destinations non iraniennes. Le président Trump a averti que tout navire « d’attaque rapide » iranien approchant du blocus serait « éliminé », affirmant que la marine iranienne avait été « complètement oblitérée » lors du récent conflit.
Le porte-parole du ministère iranien de la Défense, le brigadier général Reza Talaei-Nik, a condamné cette mesure comme un acte de « piraterie », avertissant que si les ports iraniens étaient menacés, « aucun port dans le Golfe ou le golfe d’Oman ne serait sécurisé ». Les Gardiens de la révolution ont déclaré que tout navire militaire approchant du détroit violerait le cessez-le-feu.
Le blocus fait suite à l’échec des pourparlers directs américano-iraniens à Islamabad, les discussions de plus haut niveau entre les deux nations depuis 1979. Washington a déclaré que Téhéran avait rejeté ses demandes, tandis que l’Iran a introduit de nouvelles conditions, notamment :
* La reconnaissance de son contrôle sur le détroit d’Ormuz
* La levée des sanctions internationales
* Le retrait des forces américaines des bases militaires à travers le Moyen-Orient
Malgré l’impasse, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a indiqué que les efforts pour résoudre le conflit se poursuivaient.
Le cessez-le-feu plus large, qui a mis fin à six semaines de frappes aériennes américaines et israéliennes, semble de plus en plus précaire avec une semaine restante. Israël a poursuivi ses opérations militaires contre le Hezbollah au Liban, lançant une attaque pour s’emparer d’une ville clé du sud. Alors que les États-Unis et Israël soutiennent que cette campagne est distincte du cessez-le-feu avec l’Iran, Téhéran insiste sur le fait qu’elle en fait partie.
Des alliés clés de l’OTAN, dont la Grande-Bretagne et la France, ont décliné toute participation au blocus, soulignant que la priorité était de rouvrir le détroit d’Ormuz pour assurer la sécurité énergétique mondiale.
Les prix de référence du pétrole ont augmenté d’environ 6% lundi, reflétant l’anxiété des marchés face à des contraintes d’approvisionnement durables. La crise présente un paysage politique complexe, le président Trump déclarant victoire sans avoir atteint les objectifs de guerre initiaux visant à neutraliser la portée militaire et le programme nucléaire de l’Iran.
Cette situation laisse la communauté internationale aux prises avec un risque accru d’expansion du conflit et d’une instabilité prolongée sur les marchés mondiaux de l’énergie.
