Le président de FLAG!, l’association française qui représente les personnels LGBT+ de la police et du ministère de la Justice, a été grièvement blessé lors d’une agression homophobe survenue dans le centre de Paris au petit matin du samedi. Pierre Picavet, policier et figure engagée dans la lutte contre les discriminations anti-LGBT, souffre de multiples fractures au visage après avoir été attaqué près d’un bar du quartier historique du Marais.
Le parquet de Paris a confirmé qu’un suspect a été interpellé et qu’une enquête a été ouverte pour « violences ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours, commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime ». L’agression s’est produite peu avant 4 heures du matin, alors que Pierre Picavet quittait un bar en compagnie d’amis.
Les circonstances de l’agression
Selon le parquet, la victime a subi des blessures graves, notamment des hémorragies internes et une plaie ouverte au crâne, principalement causées par une bouteille lancée lors de l’attaque. Interrogé par Le Parisien, Pierre Picavet a décrit l’ampleur de ses blessures.
« Je souffre de multiples fractures au visage. Des fractures au niveau des sinus, et le plancher orbital a explosé. J’ai eu très, très mal. Aujourd’hui, je sors de l’hôpital et demain matin, je dois me rendre à la Pitié Salpêtrière pour une chirurgie maxillo-faciale. J’ai un risque de méningite car il y a un épanchement de sang qui va vers le cerveau », a-t-il déclaré.
Témoignage et profil du suspect
Dans sa plainte officielle, Pierre Picavet a indiqué que l’agresseur l’avait insulté à plusieurs reprises avec une insulte homophobe et menacé de mort. « Il est venu vers moi, comme pour me faire peur. Je l’ai évité. Il est revenu, et je lui ai dit : “Qu’est-ce que tu veux ?” Il m’a répondu : “Sale pédé, sale pédé, je vais te tuer”. Je n’ai pas compris », a raconté Pierre Picavet.
Malgré le fait qu’il se soit identifié comme policier et qu’il ait présenté sa carte professionnelle, l’agression s’est poursuivie. « Je l’ai assez mal vécu dans le sens où je me bats tous les jours dans mon travail associatif pour combattre ce genre d’actes », a ajouté Pierre Picavet.
Le suspect, né en 2006, n’avait pas de casier judiciaire mais était sous l’influence de l’alcool au moment des faits. Le parquet a toutefois précisé qu’il est défavorablement connu de la justice pour une précédente agression sur un chauffeur de taxi impliquant une bouteille.
Condamnations politiques
L’agression a suscité de vives condamnations de la part des responsables politiques. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris et membre du Parti socialiste, a dénoncé « cette odieuse agression homophobe » au cœur de la capitale et a exprimé son soutien à Pierre Picavet. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a également condamné sur les réseaux sociaux cette « violente agression homophobe ».
Stop Homophobie, une association de veille sur les actes homophobes, a été parmi les premières à rendre public l’incident, le décrivant comme une « agression à caractère homophobe ». Cette affaire met en lumière les préoccupations persistantes concernant les violences visant la communauté LGBT+ en France, y compris dans des quartiers réputés comme des espaces sûrs, à l’image du Marais.
