Un attentat suicide a plongé Islamabad dans le deuil ce vendredi. Un kamikaze s’est fait exploser à l’intérieur de l’Imambargah Khadijah al-Kubra, situé dans le secteur de Tarlai, alors que des fidèles étaient rassemblés pour la prière. Le bilan est lourd : au moins 31 personnes ont perdu la vie et 169 autres ont été blessées.
Selon des témoins oculaires, le terroriste a été intercepté à l’entrée par des gardes, ce qui a donné lieu à un échange de tirs. Il a ensuite parcouru environ 20 mètres à l’intérieur du lieu de culte avant de déclencher son gilet explosif. Les équipes de secours et les forces de l’ordre, dont des militaires de l’armée pakistanaise, ont rapidement bouclé la zone et lancé une enquête.
Le ministre de la Défense, Khawaja Asif, a évoqué une possible implication de l’Inde et de l’Afghanistan, affirmant que les investigations préliminaires confirmaient que l’assaillant s’était rendu à plusieurs reprises en Afghanistan. « Après avoir subi une défaite humiliante, l’Inde mène une guerre par procuration », a-t-il déclaré. Le ministre d’État à l’Intérieur, Talal Chaudhry, a confirmé l’identité du kamikaze grâce aux registres du NADRA : il s’agirait d’un homme de 32 ans originaire de Peshawar. Il n’était pas de nationalité afghane mais avait effectué de multiples voyages en Afghanistan. Des sources policières ont relié l’attaque au groupe militant « Fitna al-Khawarij ».
Un état d’urgence a été déclaré dans les principaux hôpitaux d’Islamabad, dont le PIMS et le Polyclinic, et les congés du personnel médical ont été annulés. Le ministre fédéral de la Santé, Mustafa Kamal, a condamné fermement cet acte « hautement déplorable », qualifiant les auteurs de « ennemis de l’humanité ».
Les condamnations ont afflué de toute la classe politique. Le président Asif Ali Zardari a exprimé sa profonde tristesse, qualifiant l’attentat de « crime contre l’humanité ». Le Premier ministre Shehbaz Sharif a ordonné une enquête approfondie et des soins médicaux immédiats pour les blessés. En signe de solidarité, la ministre en chef du Punjab, Maryam Nawaz, a annulé toutes les activités liées à la fête de Basant. Le gouvernement du Sindh a, quant à lui, annulé un programme musical pour lui préférer un événement solennel.
Cet attentat constitue une grave faille sécuritaire dans la capitale fédérale et soulève des questions sur la protection des cibles vulnérables. Des dirigeants de l’opposition ont qualifié l’attaque d' »échec sérieux » et d’assaut contre les valeurs religieuses et sociales. Le gouvernement a promis une réponse ferme, soulignant que cette violence ne serait pas tolérée.
