Les autorités de la province du Sindh, au Pakistan, envisagent sérieusement d’imposer un système de « confinement intelligent », une mesure initialement déployée pendant la pandémie de COVID-19, pour économiser du carburant. Cette réflexion intervient dans un contexte de crise mondiale de l’offre pétrolière, déclenchée par les tensions au Moyen-Orient.
Des mesures inédites pour des temps « anormaux »
Le ministre du gouvernement local du Sindh, Nasir Hussain Shah, a annoncé cette possibilité mardi 16 avril, précisant que des réunions quotidiennes ont lieu pour évaluer la situation. Il a souligné la gravité des circonstances, avertissant qu’un conflit prolongé entraînerait des difficultés généralisées.
« Les circonstances actuelles ne sont pas normales », a déclaré Shah aux journalistes à Sukkur. « Si la guerre se prolonge, tout le monde rencontrera des difficultés. »
Des restrictions ciblées pour limiter les déplacements
Le confinement intelligent proposé impliquerait des restrictions ciblées sur les déplacements et les rassemblements dans des zones, quartiers ou rues spécifiques, plutôt qu’un arrêt total à l’échelle de la province. Un tel système signifierait :
L’interdiction des événements publics, des rassemblements sociaux et des célébrations.
Pas plus de quatre personnes autorisées à se réunir en même temps.
Une seule personne par foyer pourrait quitter son domicile après avoir expliqué sa raison aux autorités.
Certaines zones pourraient être entièrement bouclées.
Une politique d’austérité déjà renforcée
La réflexion sur ce confinement s’inscrit dans une politique d’austérité plus large déjà en cours. Shah a révélé que le gouvernement provincial a déjà réduit de 60% l’allocation de carburant pour ses véhicules. Plus tôt en avril, le Sindh a annoncé une série de mesures drastiques pour réduire les dépenses et la consommation de carburant, comprenant :
Une réduction de 50% de la consommation de carburant des véhicules gouvernementaux pour deux mois.
L’immobilisation de 60% de la flotte de véhicules officiels.
Le renoncement des ministres provinciaux à leurs salaires et indemnités pendant trois mois.
L’interdiction d’achat de nouveaux véhicules et meubles par les départements.
L’interdiction des dîners de l’iftar officiels et des réceptions organisées par le gouvernement.
Le maintien au sol de l’avion officiel du ministre en chef.
Ces mesures sont une réponse directe à la flambée des prix du pétrole liée au conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran, illustrant comment l’instabilité géopolitique régionale impose des choix politiques nationaux difficiles.
