Le président Donald Trump a identifié un « haut responsable » au sein du système iranien comme un interlocuteur clé avec les États-Unis, décrivant l’individu comme « très respecté » et dans une « position peu enviable ». Cette révélation intervient dans un contexte de campagne militaire israélo-américaine contre l’Iran, désormais dans sa quatrième semaine, et suite aux assassinats du Guide suprême Ali Khamenei et du chef de la sécurité nationale Ali Larijani. Trump a délibérément refusé de révéler le nom de cette figure, déclarant : « Je ne veux pas qu’il soit tué », alimentant d’intenses spéculations sur qui détient ce rôle pivot, mais périlleux.
Les principaux candidats : cinq figures clés
Avec la structure traditionnelle du pouvoir iranien en mutation, les analystes examinent plusieurs hauts responsables qui pourraient être en contact avec les émissaires américains. Voici les cinq candidats les plus probables, basés sur leurs positions, profils et activités récentes.
1. Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf
De nombreux analystes désignent Mohammad Bagher Ghalibaf comme le leader de facto en temps de guerre. Suite aux décès de Khamenei et Larijani, et avec le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei invisible en public, l’influence de Ghalibaf a grandi. Sa carrière s’étend sur trois décennies, incluant des rôles de commandant des forces aérospatiales des Gardiens de la Révolution, chef de la police de Téhéran, maire, et maintenant président du Parlement. Malgré son ambition – attestée par trois candidatures présidentielles infructueuses – il a publiquement nié toute négociation avec les USA, qualifiant ces rapports de « fakenews » dans un post sur X.
2. Le président Masoud Pezeshkian
Élu en 2024 après la mort de son prédécesseur, le président Masoud Pezeshkian représente l’aile plus modérée de la politique iranienne. Cependant, le président n’est pas l’autorité ultime en Iran ; ce pouvoir appartient au Guide suprême. L’ère post-Khamenei a laissé la structure du pouvoir incertaine. Pezeshkian est récemment apparu à un rassemblement pro-palestinien, s’engageant avec le public, mais son implication directe dans des pourparlers de haut niveau avec les USA reste incertaine.
3. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi
Diplomate chevronné, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a été directement impliqué dans les communications avec les USA. Il a représenté l’Iran lors de pourparlers avortés avant-guerre à Oman avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Selon des rapports récents, Araghchi et Witkoff ont eu une « communication directe » ces derniers jours, décrite par des officiels iraniens comme « essentiellement des sondages sur la manière de désescalader le conflit ». Malgré son expérience diplomatique et sa défense publique de la position iranienne, son rôle peut ne pas correspondre au statut de « haut responsable » suggéré par Trump.
4. Le commandant en chef des Gardiens de la Révolution Ahmad Vahidi
En tant que troisième commandant en chef des Gardiens de la Révolution en moins d’un an, Ahmad Vahidi a maintenu un profil exceptionnellement bas durant le conflit actuel. Ses prédécesseurs ont été tués lors d’hostilités précédentes. Vahidi n’a fait aucune apparition publique, avec une seule déclaration officielle publiée en son nom ce mois de mars, présentant ses condoléances pour la mort d’un commandant milicien. Sa posture clandestine fait de lui un candidat outsider.
5. Le commandant de la Force Qods Esmail Ghaani
Esmail Ghaani dirige la Force Qods, le bras des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, succédant au célèbre Qassem Soleimani. Son statut est resté mystérieux depuis que des rapports sur sa mort en juin 2025 ont été contredits par sa réapparition. Il a fait face à des pressions internes concernant des échecs présumés du renseignement, incluant l’assassinat du chef du Hezbollah au Liban. Son influence et son rôle actuel font l’objet de vives spéculations.
Une danse diplomatique délicate pour la survie
L’identité du « haut responsable » reste un secret jalousement gardé, soulignant les risques extrêmes de tout dialogue en temps de guerre. Avec la direction iranienne décimée par des frappes ciblées et sa hiérarchie en désarroi, le rôle de cet individu est aussi critique que dangereux. L’engagement américain, tel que décrit, semble se concentrer sur l’exploration de voies de désescalade, mais avec la réticence de Trump à révéler l’interlocuteur, le mystère s’épaissit, soulignant la nature fragile et clandestine de ces communications.
