Le marché de la lingerie en France a généré un chiffre d’affaires de 2,01 milliards d’euros entre janvier et octobre 2025, selon les données sectorielles. Ce chiffre robuste dissimule pourtant une évolution majeure des comportements d’achat. Si la valeur du marché reste solide, le volume des ventes a, lui, reculé de 2,6%, compensé par une hausse de 3,1% du prix moyen. Cette tendance signale un mouvement des consommateurs vers des achats plus ciblés et axés sur la qualité, où la durabilité, le confort et la durabilité priment désormais sur la quantité.
Le Soutien-gorge : Un Achat Indétrônable
Le soutien-gorge demeure la pierre angulaire du marché, représentant 57% des dépenses totales, suivi par les bas (culottes, slips, strings) à 37%. Cet écart est stable, le soutien-gorge captant la majorité du budget en raison de sa nécessité fonctionnelle, de son importance esthétique et de sa complexité technique. Les dentelles, broderies et coupes variées ont renforcé son statut de pièce mode.
Si la tendance « no bra » a gagné en visibilité médiatique, elle n’a pas fondamentalement modifié les habitudes. Une enquête IFOP indique que 13% des femmes de 18 à 25 ans déclarent ne jamais en porter. Cependant, les données morphologiques révèlent une autre réalité : le bonnet C est désormais le plus courant en France, le D progresse – même chez les jeunes – et 7% des femmes portent un bonnet E ou plus, soulignant le besoin structurel persistant de soutien.
Chaussettes et Sleepwear : L’Ère du Confort et de la Polyvalence
Dans le segment de la bonneterie, une transformation notable est en cours. Le segment féminin a atteint 323,4 millions d’euros, les chaussettes affichant une nette progression pour représenter 68% des dépenses, soit une hausse de près de six points en un an. Le confort, le pratique et les designs créatifs ont redéfini la catégorie.
Le sleepwear a également évolué. Les pyjamas conservent leur position dominante à 41% du segment, mais les shorts de pyjama ont explosé, avec des ventes en hausse de 40% et une part de marché passant de 8,7% à 12,2%. Le homewear poursuit son ascension à 12,4% du marché, reflétant une demande pour des pièces conçues pour allier esthétique et portabilité toute la journée.
Reconfiguration du Commerce : Les Spécialistes Reprennent du Terrain
Le paysage de la distribution a aussi été remodelé. Les chaînes spécialisées ont regagné des parts de marché, progressant de 2,6 points à 30,9%, portées par les avantages de l’essayage en magasin et des conseils experts. Les détaillants indépendants ont légèrement progressé de 0,4 point, grâce au service personnalisé. Les ventes en ligne poursuivent leur montée régulière à 21% (+0,5 point). À l’inverse, les enseignes de grande distribution ont perdu du terrain, tombant à 20,2% du marché, soit un recul de 2 points.
Les Marques S’Adaptent : Nouvelles Stratégies et Focus Patrimoine
Les grandes marques s’adaptent activement. Aubade a lancé une nouvelle direction artistique et un logo redessiné, avec l’ouverture prévue d’un concept store dans le Marais parisien au printemps 2026. Dim a fait un retour remarqué au Salon International de la Lingerie, dévoilant une nouvelle identité retail axée sur l’expertise en fitting et le style parisien. Le salon Interfilière a mis en lumière les innovations textiles et le savoir-faire d’exception.
Les marques au patrimoine ancré comme Art Martin (170 ans) et Bugis (70 ans) mettent en avant leurs racines industrielles françaises, leurs filières intégrées et leurs efforts de décarbonation. Ce virage stratégique signe un regain de vitalité pour le label « Made in France » dans le secteur.
