Des milliers de manifestants se sont rassemblés à Copenhague ce samedi 17 janvier 2026, formant une mer de drapeaux rouges et blancs groenlandais et danois. Ce rassemblement constitue une réprobation puissante contre les ambitions persistantes de l’ancien président américain Donald Trump d’acquérir le territoire autonome danois.
Sous un ciel gris et brumeux dans la capitale danoise, les protestataires ont scandé « Kalaallit Nunaat ! » — le nom du Groenland en groenlandais — soulignant ainsi le droit à l’autodétermination de la population locale. La mobilisation répond directement aux déclarations publiques renouvelées de Trump sur l’idée de s’emparer de l’île à la grande importance stratégique.
« Il est important pour moi de participer parce qu’il s’agit fondamentalement du droit du peuple groenlandais à l’autodétermination », a déclaré Kirsten Hjoernholm, une travailleuse d’ONG de 52 ans, aux journalistes. « Nous ne pouvons pas être intimidés par un État, par un allié. C’est une question de droit international. »
Les manifestations se sont étendues à la capitale du Groenland. D’autres rassemblements étaient prévus le même jour à Nuuk, où environ 900 personnes avaient signalé leur intention de participer sur les réseaux sociaux — un chiffre significatif pour un territoire d’environ 57 000 habitants.
« Nous exigeons le respect du droit international et des principes juridiques internationaux », a affirmé l’organisatrice du mouvement, Avijâja Rosing-Olsen. « Ce n’est pas seulement notre combat ; c’est un combat qui concerne le monde entier. »
Ces protestations reflètent un sentiment local profondément ancré. Selon le dernier sondage de janvier 2025, une écrasante majorité de 85 % des Groenlandais s’oppose à une annexion par les États-Unis, seuls 6 % y étant favorables.
Cette controverse met en lumière les tensions géopolitiques entourant le Groenland, dont les vastes ressources minérales, incluant des terres rares, attirent depuis longtemps les convoitises extérieures. Les manifestations soulignent l’engagement ferme des citoyens danois et groenlandais à défendre la souveraineté territoriale contre ce qu’ils perçoivent comme une diplomatie coercitive de la part d’un allié traditionnel.
