Le ministre en chef du Khyber Pakhtunkhwa, Sohail Afridi, persiste et signe concernant son projet controversé visant à mobiliser une immense « force de libération » pour obtenir la libération du fondateur emprisonné du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), Imran Khan. Ceci, en dépit d’une opposition croissante au sein de la haute direction de son propre parti.
Une force de « centaines de milliers » de personnes
S’adressant aux médias, le ministre en chef Afridi a déclaré que la « Force de libération d’Imran Khan » proposée serait composée de centaines de milliers de personnes issues de toutes les ailes du parti, y compris les avocats et la Jeunesse Insaf. Il l’a présentée comme un mouvement pacifique et enregistré, dont les membres devraient prêter serment à Peshawar après l’Eid ul Fitr. Afridi a affirmé que le fondateur incarcéré du PTI lui avait assigné la responsabilité de diriger ce « mouvement de rue ».
Dissentiment interne et intervention du président
Cette annonce a exposé d’importantes divisions au sein du PTI. Alors qu’un assistant d’Afridi a soutenu que la création de la force était une décision actée, le secrétaire à l’information du PTI, Sheikh Waqas Akram, a indiqué qu’il avait d’abord appris l’existence du plan par l’annonce publique, suggérant un manque de consultation interne.
Plus critique encore, des sources partisanes rapportent que le président du PTI, Barrister Gohar Ali Khan, est intervenu directement pour mettre un terme au projet. Gohar aurait averti que la création d’une « force » assermentée pour un objectif politique pourrait être interprétée comme inconstitutionnelle, illégale et potentiellement relever du champ de la militantisme. Le président travaillerait à construire un consensus contre cette initiative auprès des alliés de l’opposition.
Préoccupations sanitaires et tensions politiques
Cette controverse survient dans un contexte de vives inquiétudes concernant l’état de santé d’Imran Khan. Un rapport de la Cour suprême a confirmé que l’ancien premier ministre de 73 ans souffre d’une grave affection oculaire, l’occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR), avec seulement 15% de vision restante dans son œil droit. Alors que le gouvernement insiste sur le fait qu’il reçoit le meilleur traitement possible, Afridi a exprimé sa méfiance envers les rapports médicaux officiels, alléguant que les documents étaient fabriqués.
Un mouvement à la croisée des chemins
La « force de libération » proposée est devenue un point de friction, mettant en lumière les tensions stratégiques et juridiques au sein du PTI tandis qu’il navigue dans la période d’emprisonnement prolongé de Khan. Alors que le président du parti et des figures senior s’opposent au pari audacieux du ministre en chef du KP, l’avenir du plan reste incertain, signalant une lutte d’influence potentielle sur l’orientation des efforts de mobilisation du parti.
