La voie fragile vers une trêve potentielle dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran a connu une activité diplomatique significative mercredi, alors que le Pakistan a intensifié ses efforts de médiation et que les Nations Unies ont lancé un avertissement sévère selon lequel le blocus en cours du détroit d’Ormuz pourrait déclencher une grave crise mondiale des prix alimentaires.
**Les efforts de médiation du Pakistan prennent le devant de la scène**
Le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, est arrivé à Téhéran pour des réunions à haut risque avec les dirigeants civils et militaires iraniens, marquant sa deuxième visite dans la capitale iranienne en moins d’une semaine. Des sources ont confirmé que la mission de Naqvi est de discuter directement des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran, alors qu’Islamabad continue de mener les efforts de médiation entre Washington et Téhéran.
Lors de sa visite, Naqvi a tenu des discussions avec son homologue iranien, le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni, et a rencontré le commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le général Ahmad Vahidi. L’engagement direct avec la direction du CGRI souligne la dimension militaire cruciale des négociations.
**Le détroit d’Ormuz : un point de passage pour la stabilité mondiale**
La voie navigable stratégique reste un point chaud. La marine du CGRI a signalé que 26 navires, dont des pétroliers et des porte-conteneurs, ont transité par le détroit d’Ormuz au cours des dernières 24 heures en coordination avec les forces iraniennes. Le CGRI a déclaré que le transit se poursuit, avec des permis obtenus directement auprès de la force, signalant le contrôle strict de Téhéran sur cette voie de navigation cruciale.
Dans un développement parallèle, le Commandement central des États-Unis (Centcom) a diffusé une vidéo montrant l’application du blocus naval contre l’Iran, soulignant l’affrontement militaire tendu qui persiste malgré les manœuvres diplomatiques.
**L’ONU met en garde contre une catastrophe alimentaire imminente**
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a émis un avertissement urgent depuis Rome, déclarant que le blocage d’Ormuz pourrait « déclencher une grave crise mondiale des prix alimentaires » dans les mois à venir. Avant le conflit, le détroit représentait un cinquième du transport maritime mondial de pétrole et un tiers de l’approvisionnement mondial en engrais. Les responsables ont prévenu que les agriculteurs pourraient faire face à des pénuries critiques pendant la saison de croissance estivale vitale.
La FAO a exhorté les nations à se concentrer sur des routes terrestres et maritimes alternatives, y compris des corridors à travers la péninsule arabique jusqu’à la mer Rouge, et a appelé à un arrêt immédiat des restrictions à l’exportation sur l’énergie et les engrais.
**Préoccupations de sécurité régionale et manœuvres diplomatiques**
Les Émirats arabes unis ont officiellement exhorté l’Irak à empêcher les actes hostiles provenant de son territoire, à la suite d’une attaque de drone contre la centrale nucléaire de Barakah. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a confirmé que le drone qui a provoqué un incendie dans l’installation avait été lancé depuis l’Irak, ajoutant une nouvelle dimension dangereuse à l’instabilité régionale.
Dans un mouvement connexe pour renforcer ses défenses, les Émirats arabes unis ont signé un nouvel accord de défense avec la France au milieu des troubles régionaux en cours. Parallèlement, le Pakistan a officiellement condamné les attaques de drones contre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à une liberté de navigation garantie dans le détroit d’Ormuz, tandis que le ministre de la Défense français a déclaré qu’il n’y avait aucune certitude que des mines aient été posées dans la voie navigable, reflétant le tableau sécuritaire trouble et volatile.
**Position de l’Iran et signaux diplomatiques**
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré que le pays mène une « résistance historique unique contre deux armées terroristes mondiales », faisant référence aux États-Unis et à Israël. Cette déclaration a signalé une posture de défi, même si les canaux diplomatiques semblaient s’élargir.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que Téhéran décide encore d’envoyer ou non son ministre des Affaires étrangères à une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies prévue le 26 mai. Cette réunion, convoquée sous la présidence tournante de la Chine, se concentrera sur la paix et la sécurité internationales, et une invitation a été étendue à l’Iran.
**Pression internationale et voie à suivre**
La frénésie d’activité diplomatique, de la diplomatie de navette de Naqvi aux avertissements économiques désastreux de l’ONU, dresse le portrait d’une communauté mondiale courant pour éviter une catastrophe plus large. La convergence d’une crise alimentaire potentielle, d’un affrontement militaire volatile autour de voies de navigation vitales et d’attaques de drones transfrontalières crée une atmosphère de pression qui exige une percée urgente dans les négociations de trêve.
Alors que le CGRI maintient son emprise sur le détroit d’Ormuz et que les États-Unis appliquent leur blocus naval, la communauté internationale observe attentivement, espérant que les pourparlers de Téhéran puissent aboutir à un cessez-le-feu avant que la crise ne se transforme en une urgence économique et humanitaire incontrôlable.
