Le ministre du Pétrole, Ali Pervaiz Malik, a annoncé que trois cargaisons d’essence devraient arriver au Pakistan d’ici lundi, apportant un répit à court terme au milieu d’une crise énergétique qui s’aggrave. Cette annonce a été faite lors d’une réunion de haut niveau à Karachi, convoquée pour évaluer l’impact sévère de l’escalade des tensions au Moyen-Orient sur les approvisionnements en carburant du pays et sur son économie fragile.
Des responsables ont lancé un avertissement sans équivoque : si le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les prix mondiaux du brut pourraient s’envoler jusqu’à 120 dollars le baril. Le ministre des Finances, Muhammad Aurangzeb, a exposé les conséquences financières désastreuses, affirmant qu’une telle flambée pourrait gonfler la facture mensuelle d’importation de pétrole du Pakistan de 600 millions de dollars, exerçant une pression immense sur les comptes extérieurs et les réserves de change du pays.
Face à l’urgence, le gouvernement fédéral a déjà pris des mesures drastiques en augmentant les prix de l’essence et du diesel de 55 roupies par litre pour suivre la hausse des coûts internationaux. La réunion, à laquelle assistaient des ministres fédéraux et le ministre en chef du Sindh, Murad Ali Shah, s’est concentrée sur les plans d’urgence pour la conservation de l’énergie.
« Les mesures de conservation du carburant sont essentielles pour garantir que les réserves existantes durent plus longtemps et restent disponibles pour les secteurs essentiels », a déclaré le ministre du Pétrole Ali Pervaiz Malik. Le ministre en chef du Sindh a souligné la coopération du public et une utilisation responsable de l’énergie, insistant sur le fait que la priorité du gouvernement était « de maintenir en marche les roues de l’économie nationale ».
Alors que la crise s’approfondit, le Pakistan recherche activement des routes d’approvisionnement alternatives. Le gouvernement a intensifié son engagement diplomatique avec l’Arabie saoudite, Oman et les Émirats arabes unis pour sécuriser des approvisionnements en carburant contournant le détroit stratégique – et potentiellement vulnérable – d’Ormuz.
Compliquant encore les perspectives, la réunion a été informée que le Qatar a émis une déclaration de force majeure, qui pourrait perturber les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) vers le Pakistan, ajoutant un autre risque pour la sécurité énergétique de la nation.
Pour assurer la stabilité du marché intérieur, la réunion a décidé de renforcer la coordination entre les autorités fédérales et provinciales. Les objectifs clés sont d’empêcher la spéculation sur les produits pétroliers et de garantir une distribution fluide du carburant dans tout le pays pendant cette pénurie d’approvisionnement.
Dans une mesure visant à alléger la charge des consommateurs, la délégation fédérale a également indiqué que le gouvernement demanderait une réduction de la taxe sur les produits pétroliers lors de ses prochaines discussions avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les participants se sont accordés pour maintenir une coordination étroite entre le fédéral et les provinces afin de gérer la situation volatile. Cependant, la stabilité économique du Pakistan dans les prochains mois semble inextricablement liée à la trajectoire d’une guerre lointaine, laissant la nation vulnérable à des chocs mondiaux bien au-delà de son contrôle.
