Dans une opération minutieusement préparée, les autorités judiciaires françaises ont porté un coup majeur à la DZ Mafia, une organisation criminelle née du trafic de stupéfiants qui a étendu son influence bien au-delà de ses racines marseillaises.
**Des arrestations massives visent le cœur du réseau**
Baptisée « Opération Octopus », cette vague d’interventions a été menée dans plusieurs départements du sud de la France, dont les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard. Les forces de l’ordre ont placé 42 individus en garde à vue, y compris les présumés principaux dirigeants de l’organisation. Les experts saluent ces arrestations comme une étape cruciale dans la lutte contre l’impunité des groupes criminels organisés.
**Démantèlement d’une « hydre » criminelle**
Le nom de l’opération reflète la structure tentaculaire et complexe du réseau. Décrit par une source policière comme une « hydre », la DZ Mafia ne fonctionne pas avec une hiérarchie claire mais opère comme une structure opportuniste. Elle utiliserait notamment les réseaux sociaux pour recruter, cherchant des rôles allant du guetteur au tueur à gages. Cette fluidité a rendu le réseau notoirement difficile à déstabiliser, d’autant qu’il se diversifie au-delà du trafic de drogue.
**Les présumés fondateurs extraits de prison**
Parmi les personnes interpellées figurent trois présumés « pères fondateurs » de la DZ Mafia, extraits de prisons à haute sécurité par des unités d’élite du GIGN. Identifiés comme Amine O. (« Mamine »), 32 ans, Gabriel O. (« Gaby »), 31 ans, et un troisième individu, ils sont soupçonnés d’avoir continué à diriger des activités criminelles depuis leur cellule. Amine O. et Gabriel O. doivent comparaître la semaine prochaine pour un double meurtre commis en 2019.
**Un avocat soupçonné de corruption**
L’opération a également conduit à la garde à vue d’un avocat de la défense lyonnais soupçonné de corruption par l’organisation. Il est accusé d’avoir aidé un client à établir une ligne téléphonique illicite depuis la prison, dont les conversations ont été interceptées par les enquêteurs. Le ministre français de la Justice a déclaré que si ces allégations étaient avérées, cela constituerait un scandale profond.
**Liens avec une affaire de meurtre très médiatisée**
Ce coup de filet croise l’affaire très médiatisée de Mehdi Kessaci, un militant anti-drogue de 20 ans assassiné en novembre. Son frère, Amine Kessaci, est sous protection policière. Amine O. doit également être jugé cet automne pour un triple meurtre en 2020, dont l’une des victimes était Brahim, le frère aîné d’Amine Kessaci.
Une conférence de presse est attendue à l’issue des périodes de garde à vue, qui pourrait révéler davantage de détails sur cette importante offensive contre le crime organisé en France.
