Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a lancé un appel pressant pour que l’Europe prenne davantage le contrôle de son avenir économique. Dans une interview, il a averti que le continent doit réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine pour rester compétitif à l’échelle mondiale.
Concernant la trajectoire budgétaire française, Villeroy de Galhau a exprimé une insatisfaction claire. Il a souligné que le gouvernement doit respecter son objectif de maintenir le déficit public à 5% du PIB pour 2026, un chiffre qu’il a décrit comme un minimum. « J’aurais aimé une réduction plus forte », a-t-il déclaré, réitérant sa position antérieure selon laquelle dépasser les 5% mettrait le pays « en danger ».
Évoquant le récent retrait des menaces américaines de tarifs douaniers contre la France, le Gouverneur a estimé que c’était « tant mieux quand certaines menaces inacceptables sont levées ». Cependant, il a argué que cela ne doit pas conduire à l’autosatisfaction. « L’Europe doit prendre plus en main son destin économique », a-t-il affirmé. Le banquier central a exhorté le continent à moins se focaliser sur des personnalités comme Donald Trump et à plutôt « retrousser ses manches » pour exploiter ses propres atouts. Son message était sans équivoque : l’Europe doit « aller plus vite, plus clair, plus fort » et « se muscler » pour défendre ses intérêts.
Sur l’épineux accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, Villeroy de Galhau a reconnu une crise dans certains secteurs agricoles mais a défendu le pacte. « Le traité n’est pas responsable de cette crise, et ne pas le signer ne serait pas un remède », a-t-il dit, notant des bénéfices potentiels pour l’industrie française et les éleveurs laitiers. Il a présenté l’accord comme une nécessité stratégique, soutenant que « face à la pression américaine et chinoise, il est de l’intérêt de l’Europe de nouer d’autres alliances ».
Enfin, abordant le taux d’épargne élevé des ménages français, le Gouverneur a suggéré d’orienter davantage de capitaux vers des investissements de long terme. Il a plaidé en faveur des plans d’épargne-retraite et des investissements en actions dans les entreprises. « Sur le long terme, ils rapportent plus que le Livret A ou l’assurance-vie en euros », a-t-il conclu, encourageant une évolution des comportements d’épargne pour soutenir la croissance économique.
