La cour d’appel de Versailles a infligé une peine d’un an de prison avec sursis à Pascale B., 63 ans, pour harcèlement moral. Cet ancien professeur de français a été reconnu coupable d’avoir contribué à la dégradation des conditions de vie d’Evaëlle, une collégienne de 11 ans dont le suicide est survenu en juin 2019, il y a près de sept ans. L’enseignante, absente à l’audience, est désormais définitivement interdite d’enseignement.
La cour a également retenu sa culpabilité dans le harcèlement d’un autre élève. Elle a ainsi infirmé l’acquittement prononcé en première instance par le tribunal correctionnel de Pontoise en 2025. Lors de l’appel, l’avocate générale avait requis 18 mois de prison avec sursis, estimant que l’enseignante avait « franchi une ligne rouge, humiliant, rabaissant, stigmatisant – non pas tous les élèves – mais certains élèves choisis avec soin ». La défense, elle, plaidait l’acquittement.
Les parents d’Evaëlle, qui s’étaient joints au parquet pour faire appel du premier jugement, ont vu dans ce verdict une forme de justice. Marie Dupuis, la mère de l’adolescente, a remercié émotionnellement la cour pour avoir levé « le voile sur les maltraitances faites aux enfants par des enseignants », y voyant un commencement.
Les faits remontent à l’année de sixième d’Evaëlle au collège Isabelle-Autissier d’Herblay. L’enfant subissait des violences par ses pairs ainsi que des humiliations et mises à l’écart de la part de son professeur de français. L’enquête a établi que plusieurs élèves l’avaient décrite comme une cible récurrente de l’enseignante, qui lui faisait « de nombreuses remarques » et « lui criait souvent dessus ».
Un épisode particulièrement marquant, une séance en classe où l’enseignante avait incité les autres élèves à exprimer leurs griefs contre Evaëlle, contrainte de se justifier, a été décrit par des témoins. Ceux-ci ont rapporté que le professeur s’était ensuite énervée contre l’élève en larmes, exigeant qu’elle réponde aux questions. Pascale B. a défendu cette séance comme une tentative de « résoudre les problèmes relationnels dans la classe », niant toute volonté d’humilier. En rentrant chez elle ce jour-là, Evaëlle avait confié à ses parents que c’était « le pire jour de sa vie ».
