De nouvelles tensions sont apparues entre Paris et Téhéran après la publication par une agence de presse iranienne d’une photographie aérienne d’une base militaire aux Émirats arabes unis abritant des forces françaises et américaines.
Une publication silencieuse et inquiétante
L’image, diffusée par l’agence de presse Fars, proche des Gardiens de la révolution iraniens, montre la base aérienne d’Al Dhafra. Cette publication n’était accompagnée d’aucun contexte ni commentaire, suscitant des craintes qu’elle ne constitue une menace voilée contre la France ou les États-Unis.
Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé directement sur la situation. « Nous sommes très vigilants sur cette situation », a-t-il déclaré mardi. Il a souligné que les forces françaises dans la région sont déployées dans « les situations de sécurité les plus renforcées » et que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour assurer la sécurité des troupes.
Un contexte plus large de rhétorique escaladante
Cette image provocatrice intervient dans un contexte d’escalade significative de la rhétorique de Téhéran. L’Iran a récemment annoncé qu’il considérerait les armées européennes comme des « groupes terroristes ». Cette déclaration est une mesure de rétorsion après que l’Union européenne a formellement désigné les Gardiens de la révolution iraniens comme une organisation terroriste, invoquant leur rôle dans la répression violente de manifestations.
Un haut responsable judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a averti vendredi dernier que « l’action hostile » de l’UE « ne restera pas sans réponse », promettant des conséquences à cette décision.
L’importance stratégique de la base d’Al Dhafra
La base d’Al Dhafra, située à environ 40 kilomètres d’Abou Dhabi, est la plus grande base militaire des Émirats arabes unis. Elle accueille des aéronefs émiratis et héberge une base aérienne française depuis 2008. Elle abrite également la 380th Air Expeditionary Wing de l’US Air Force, qui y est stationnée depuis 2002.
La publication de la photo est également perçue comme un signal envoyé aux États-Unis. L’administration de l’ancien président Donald Trump avait précédemment déployé des navires de guerre dans la région et maintenu une menace d’intervention militaire contre l’Iran.
Les canaux diplomatiques restent ouverts
Malgré les tensions, les efforts diplomatiques se poursuivent. Des discussions entre les parties concernées, médiées par l’Égypte, le Qatar, Oman et la Turquie, devraient bientôt avoir lieu, une source suggérant qu’elles se tiendraient « probablement » vendredi en Turquie.
Le président Macron a conclu ses remarques en notant que la France a « évalué » la situation « avec plusieurs de nos alliés et partenaires ces derniers jours », soulignant une réponse internationale coordonnée face à la menace perçue.
