Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran et figure de proue de l’opposition en exil, a lancé un appel direct à l’intensification de l’action contre la République islamique. Dans une déclaration sur les réseaux sociaux samedi 10 janvier, il a exhorté les Iraniens à dépasser le stade des manifestations et à se préparer à « conquérir et défendre les centres-villes ». Il a spécifiquement appelé à une grève nationale des travailleurs des secteurs économiques clés – transport, pétrole, gaz et énergie – et à des rassemblements publics massifs les 10 et 11 janvier.
Cet appel intervient dans un contexte de black-out internet national sévère, surveillé par le groupe de cybersécurité NetBlocks, qui limite considérablement la circulation de l’information depuis l’intérieur du pays. Sur le plan international, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé le soutien américain au « peuple iranien courageux », tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a condamné la « répression violente ». En Iran, le guide suprême l’Ayatollah Ali Khamenei a juré de ne pas reculer, qualifiant les manifestants de « saboteurs », et l’armée a promis de protéger les intérêts nationaux contre ceux « cherchant à perturber l’ordre ».
La vague de protestations en cours, parmi les plus importantes depuis les manifestations de 2022 pour Mahsa Amini, a fait de nombreuses victimes. L’ONG basée en Norvège Iran Human Rights a fait état d’au moins 51 morts vendredi, dont neuf enfants. Les cinéastes iraniens de renommée internationale Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof ont percé le blocus de la communication via Instagram, exprimant une « vive inquiétude » face à la « répression flagrante » et appelant à une surveillance mondiale.
Des gestes symboliques de défiance ont émergé à l’échelle mondiale. À Londres, le drapeau de la République islamique a brièvement été remplacé par le drapeau monarchique d’avant 1979 au sommet de l’ambassade iranienne lors d’un rassemblement de solidarité. Les protestations, initialement alimentées par des griefs économiques fin décembre 2025, se sont transformées en un défi plus large à l’autorité du régime, l’appel vidéo du prince en exil le 6 janvier ayant servi de catalyseur à la mobilisation actuelle.
