Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a vivement réprimandé Donald Trump après que le président américain a déclaré lors d’une interview sur un podcast que la charia était devenue « presque un second mode de vie » dans la capitale française.
Grégoire, membre du Parti socialiste français, s’est exprimé sur X jeudi pour rejeter les commentaires de Trump, établissant un parallèle direct entre la rhétorique du leader républicain et les tactiques controversées de l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE).
« Paris n’a pas de leçons à recevoir d’un chef d’État qui déploie des milices racistes pour traquer ceux qui font vivre son pays », a écrit Grégoire, en référence aux opérations d’expulsion agressives de l’ICE. Il a ajouté : « Paris, Londres, New York, villes-monde, villes fières. »
Les Accusations de Trump sur la Charia Provoquent une Réaction Transatlantique
Le différend trouve son origine dans l’apparition de Trump sur le podcast conservateur The Glenn Beck Program, où il a promis d’« interdire absolument » la charia aux États-Unis avant de tourner son attention vers l’Europe.
« J’interdirais absolument la charia, et elle est dans ce pays dans une certaine mesure. Et là où nous la voyons, nous la supprimons », a déclaré Trump. Il a ensuite ajouté : « Vous allez à Londres, vous allez à Paris, c’est presque comme un second mode de vie. C’est ridicule. »
Le président américain s’est ensuite vanté que l’Amérique possédait le « meilleur système » pour traiter de telles questions juridiques, sans fournir de preuves pour ses affirmations concernant les villes européennes.
Ce n’est pas la Première Fois que Trump Cible les Capitales Européennes
Ce n’est pas la première fois que Trump isole une grande ville européenne au sujet de la charia. En septembre 2025, lors d’un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, il avait affirmé que les responsables londoniens « veulent maintenant adopter la charia ».
Le maire de Londres, Sadiq Khan, qui est devenu en 2016 le premier musulman à diriger une capitale occidentale, avait répondu avec force à l’époque.
« Je pense que le président Trump a montré qu’il est raciste, sexiste, misogyne et islamophobe », avait déclaré Khan. L’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer avait également qualifié ces commentaires de « ridicules ».
Khan n’a pas encore répondu publiquement aux dernières remarques de Trump concernant Londres et Paris.
Retombées Politiques et Pressions Domestiques
Les derniers commentaires de Trump interviennent alors qu’il fait face à des défis intérieurs croissants, notamment un engagement militaire de six mois en Iran qui, selon les analystes, pourrait coûter à son parti le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat à venir.
La réponse du maire de Paris met en lumière les frictions croissantes entre l’administration Trump et les dirigeants européens sur les questions d’immigration, de liberté religieuse et de traitement des communautés minoritaires. L’invocation de l’ICE par Grégoire — une agence qui a fait l’objet de nombreuses critiques pour ses tactiques d’expulsion — signale une volonté des responsables européens de défier directement Trump sur le terrain des droits humains.
Pour l’instant, cet échange souligne à quel point la rhétorique de Trump continue de résonner bien au-delà des frontières américaines, suscitant de vives réprimandes de la part d’alliés qui, autrefois, seraient peut-être restés silencieux.
