Le Pakistan a lancé un appel ferme aux médias pour qu’ils évitent toute spéculation concernant le calendrier d’un éventuel second round de négociations directes entre les États-Unis et l’Iran. Cet appel a été formulé lors d’un point de presse hebdomadaire à Islamabad, où le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Tahir Hussain Andarabi, a indiqué qu’aucun programme officiel pour des pourparlers de suivi n’avait été annoncé.
Andarabi a refusé de partager les détails des engagements diplomatiques, soulignant la nécessité de la confiance et de la confidentialité dans ce processus de médiation sensible. « Si nous avions partagé de telles informations, cela aurait constitué une violation de la confiance », a-t-il déclaré aux journalistes. Il a souligné que le facteur critique était la volonté persistante des deux nations de dialoguer. « L’important est que les deux parties soient disposées à s’engager et que le dialogue se poursuive », a-t-il ajouté, notant que les détails sur la composition des délégations étaient des questions internes secondaires.
**Premier round historique : « Ni percée ni rupture »**
Le porte-parole a qualifié les premiers pourparlers de haut niveau, tenus à Islamabad la semaine dernière, comme s’étant déroulés dans un esprit « sérieux et constructif ». Il a décrit le résultat comme n’étant « ni une percée ni une rupture », mettant en lumière la nature complexe des discussions.
Les « pourparlers d’Islamabad » trilatéraux, qui ont duré près de 21 heures d’affilée, ont marqué l’engagement direct le plus important entre des responsables américains et iraniens depuis des décennies. Les délégations étaient dirigées par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf. Les points clés à l’ordre du jour comprenaient le détroit stratégique d’Ormuz, le programme nucléaire de l’Iran et les sanctions internationales.
« Un engagement aussi prolongé sur des questions complexes reflète un engagement extraordinaire des deux côtés », a déclaré Andarabi, saluant le « sérieux, la détermination et l’attitude positive » des participants. Il a confirmé que les questions nucléaires étaient restées un sujet central.
**Contexte régional : Le cessez-le-feu au Liban, partie intégrante du processus de paix**
Andarabi s’est également penché sur l’escalade du conflit au Liban, condamnant fermement les attaques israéliennes et appelant à une cessation immédiate des hostilités. Il a positionné le cessez-le-feu au Liban comme une composante intégrante des négociations régionales plus larges.
« Les signes d’amélioration sur le front Israël-Liban au cours des deux derniers jours sont encourageants », a-t-il déclaré, ajoutant que la désescalade contribuerait à créer un environnement propice au dialogue. « La paix au Liban et la fin des actions armées sont essentielles. »
Le conflit, qui a commencé avec les frappes américano-israéliennes sur l’Iran fin février et s’est étendu avec l’implication du Hezbollah, a entraîné d’importantes pertes humaines et des déplacements selon les autorités libanaises. L’Iran insiste sur le fait que tout accord global doit traiter de la situation au Liban, un point que Washington avait précédemment résisté à lier directement aux pourparlers américano-iraniens.
**Médiation et démarches diplomatiques continues du Pakistan**
Réitérant le rôle du Pakistan en tant que facilitateur neutre, Andarabi a déclaré qu’Islamabad maintiendrait les canaux de communication entre Téhéran et Washington ouverts. « Tous les efforts diplomatiques, y compris les pourparlers d’Islamabad, font partie d’un processus continu », a-t-il noté.
Il a détaillé les vastes démarches diplomatiques du Pakistan, notamment le maintien des contacts avec les partenaires mondiaux, la participation active à l’organe de lutte contre le terrorisme de l’Organisation de coopération de Shanghai et l’accueil de réunions régionales. Il a également confirmé que le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Asim Munir, se trouvait actuellement en Iran dans le cadre des engagements en cours.
Ces développements font suite aux éloges internationaux pour le rôle central du Pakistan dans la tenue de ces pourparlers historiques, un effort que le Premier ministre Shehbaz Sharif a affirmé qu’il se poursuivrait malgré le premier tour non concluant.
