Dans une décision visant à soulager la population, le gouvernement pakistanais a choisi de ne pas augmenter les prix intérieurs des produits pétroliers pour cette quinzaine, malgré une hausse significative des cours mondiaux du brut. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a annoncé cette mesure vendredi, la présentant comme un effort pour protéger le public des pressions financières.
**Un gel des révisions tarifaires**
Cette annonce intervient alors que le gouvernement fédéral devait réviser les prix des carburants le 13 mars. Elle fait suite à une forte augmentation de 55 roupies par litre pour l’essence et le diesel mise en œuvre le 6 mars, elle-même attribuée à la flambée des prix internationaux alimentée par les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
« Le gouvernement fait des efforts pour apporter le plus de réconfort possible à la population », a déclaré le Premier ministre Shehbaz Sharif. Il a souligné qu’à travers « une élaboration de politiques en temps opportun et une discipline fiscale stricte », l’administration s’efforce de gérer efficacement la situation économique.
**Mesures d’austérité et mises en garde économiques**
Le chef du gouvernement a relié cette décision à un plan d’austérité plus large annoncé précédemment. Lors d’une allocution nationale le 9 mars, il avait détaillé des mesures pour lutter contre la crise mondiale du carburant, comprenant :
* La réduction des dépenses gouvernementales
* Le passage à une semaine officielle de travail de quatre jours
* La limitation des déplacements non essentiels pour économiser l’énergie
Cependant, le Premier ministre a émis une mise en garde sérieuse concernant les tensions régionales persistantes, notant qu’elles maintiennent l’économie mondiale sous pression, ce qui pourrait « affecter significativement la stabilité financière du Pakistan ».
**Un contexte mondial de forte volatilité**
La décision du gouvernement s’inscrit dans un contexte de volatilité extrême sur les marchés internationaux de l’énergie. Le conflit au Moyen-Orient a perturbé les approvisionnements en pétrole et fait monter les prix dans le monde entier, exerçant une pression immense sur les économies dépendantes des importations, comme celle du Pakistan.
En choisissant d’absorber le coût à ce stade, le gouvernement vise à offrir un répit temporaire, tout en reconnaissant les risques persistants que le climat géopolitique instable fait peser sur l’économie nationale.
