À la suite de la confirmation de deux cas de virus Nipah dans l’État indien du Bengale occidental, le Pakistan a instauré un dépistage sanitaire strict pour tous les voyageurs à chaque point d’entrée du pays. Le ministère des Services de santé nationaux a précisé qu’aucun individu ne sera autorisé à entrer sans l’accord des Services de santé frontaliers–Pakistan.
Cette décision, prise en réponse à une alerte régionale de l’OMS, se traduit par une surveillance renforcée à 100% de tous les passagers, voyageurs en transit, équipages et personnel de soutien dans les aéroports internationaux, les ports maritimes et les postes frontières terrestres. Les mesures comprennent la vérification obligatoire du pays d’origine et de l’historique des voyages sur 21 jours pour toutes les nationalités, un dépistage thermique et une évaluation clinique pour des symptômes comme la fièvre, les maux de tête et les problèmes respiratoires. Une attention particulière est portée aux voyageurs en provenance ou ayant transité par des zones touchées par le Nipah. Les cas suspects seront isolés et pris en charge selon des protocoles stricts de contrôle des infections, les zones concernées étant immédiatement désinfectées.
Le virus Nipah est classé par l’Organisation mondiale de la santé comme un agent pathogène prioritaire en raison de son taux de mortalité élevé, de 40% à 70%, et de l’absence de vaccin ou de traitement approuvé. Le virus se transmet principalement des animaux infectés, comme les chauves-souris frugivores, à l’homme, et peut également se propager entre les personnes.
Cette alerte est régionale. Les autorités de Singapour, de Hong Kong, de la Thaïlande et de la Malaisie ont également mis en œuvre des mesures de dépistage urgentes, incluant des contrôles de température dans les aéroports, pour empêcher la propagation du virus au-delà de l’Inde.
Identifié pour la première fois en Malaisie en 1999, le virus Nipah provoque des épidémies presque chaque année, principalement au Bangladesh et en Inde. Bien que la transmission interhumaine soit possible, elle n’est pas facilement soutenue, conduisant généralement à de petites épidémies circonscrites. Les scientifiques notent que le virus a une longue période d’incubation, ce qui peut rendre le dépistage dans les aéroports difficile. Plusieurs vaccins candidats sont en cours de développement, dont un en essais de phase II au Bangladesh, mais aucun n’est encore approuvé pour une utilisation publique. Les nouveaux contrôles frontaliers au Pakistan resteront en vigueur jusqu’à nouvel ordre, avec des rapports quotidiens envoyés au Centre national de commandement et d’opérations.
