Les prix mondiaux du pétrole brut ont de nouveau fortement augmenté ce lundi, prolongeant les gains spectaculaires de la semaine dernière. Le conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue de perturber gravement le transport maritime par le détroit d’Hormuz, étranglant ainsi une artère majeure de l’approvisionnement pétrolier mondial.
Les marchés paniquent alors que ce point de passage stratégique reste bloqué. Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 1,6% pour atteindre 110,74 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) gagnait 0,6% à 112,25 dollars. Cette hausse fait suite à la séance volatile de jeudi – dernier jour de bourse avant le vendredi saint – où le WTI avait bondi de plus de 11% et le Brent avait grimpé de près de 8%, marquant leurs plus fortes hausses quotidiennes depuis 2020.
Le catalyseur reste le détroit d’Hormuz, un passage étroit par lequel transite une part significative du pétrole transporté par mer. Depuis le début du conflit le 28 février, les attaques iraniennes contre la navigation ont largement fermé le détroit, bloquant les exportations de grands producteurs comme l’Irak, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis.
Les raffineurs dans la course, Trump menace d’escalade. Le choc d’offre oblige les raffineurs mondiaux à rechercher activement des sources de brut alternatives, notamment sur la côte du Golfe des États-Unis et en mer du Nord britannique. « Les acheteurs mondiaux surenchérissent agressivement pour les barils du Golfe (américain), et le Brent monte encore plus vite », ont noté les analystes du Schork Group.
Les tensions se sont encore aggravées dimanche lorsque l’ancien président américain Donald Trump a lancé une menace directe sur les réseaux sociaux, promettant de cibler les centrales électriques et les ponts de l’Iran si le détroit d’Hormuz n’était pas rouvert. Malgré le blocus, les données maritimes indiquent que l’Iran a autorisé un passage sélectif pour les navires de pays qu’il considère comme amis, notamment un pétrolier omanais et un porte-conteneurs français.
Cessez-le-feu au point mort, l’augmentation de l’OPEP+ reste théorique. Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit seraient dans une impasse, l’Iran ayant refusé de rencontrer des responsables américains pour des pourparlers à Islamabad, selon le Wall Street Journal. Cela prolonge l’incertitude sur les marchés.
En réponse à la crise, l’alliance OPEP+, qui inclut la Russie, a convenu dimanche d’une augmentation nominale modeste de la production de 206 000 barils par jour pour mai. Cependant, les analystes soulignent que cette décision est largement symbolique, plusieurs membres clés impliqués dans la guerre étant physiquement incapables d’augmenter leur production. De plus, l’offre russe subit ses propres perturbations en raison d’attaques de drones ukrainiens sur ses terminaux d’exportation en mer Baltique.
La fermeture prolongée du détroit d’Hormuz et l’escalade de la rhétorique géopolitique continuent d’injecter une volatilité extrême sur les marchés mondiaux de l’énergie, sans résolution immédiate en vue.
