Le lancement de SeeDance 2.0, un nouvel outil de création vidéo alimenté par l’intelligence artificielle de ByteDance, la société mère de TikTok, a déclenché une tempête dans l’industrie cinématographique, provoquant des menaces juridiques immédiates et des accusations d’infraction massive au droit d’auteur.
De faux combats et des fins de fans
La controverse a éclaté après que le cinéaste irlandais Ruairi Robinson a publié une vidéo amateur sur X, montrant les capacités de l’outil. Le clip dépeignait une confrontation violente et hyper-réaliste entre Brad Pitt et Tom Cruise — deux acteurs qui n’ont pas partagé l’écran depuis 1994. La publication visait à mettre en lumière les « possibilités vertigineuses » de cette nouvelle technologie.
En ligne, les créateurs amateurs ont rapidement adopté l’outil, l’utilisant pour générer ce qu’ils ont appelé la « fin que les fans de Game of Thrones méritaient » ou des « scènes manquantes » du Seigneur des Anneaux. Cependant, la réaction des pouvoirs établis d’Hollywood a été rapide et sévère.
Studios et syndicats dénoncent
En quelques heures, la Motion Picture Association (MPA) et le syndicat d’acteurs SAG-AFTRA ont publié des déclarations condamnant ce qu’ils ont qualifié d’infraction « massive » aux droits de propriété intellectuelle. Ils ont accusé ByteDance de ne pas avoir mis en place de garde-fous empêchant les utilisateurs d’utiliser des œuvres protégées ou les images et voix d’acteurs sans autorisation.
The Walt Disney Company a escaladé le conflit en envoyant une lettre de mise en demeure formelle à ByteDance. Disney affirme que l’IA de SeeDance 2.0 a été entraînée sur des personnages piratés de ses franchises Disney, Marvel et Star Wars. La société argue que la fidélité pixel par pixel des images générées prouve que le modèle a été développé en utilisant ses films protégés sans autorisation.
Un précédent fragile
Ce différend fait écho aux préoccupations similaires soulevées l’automne dernier avec le lancement du générateur vidéo Sora 2 d’OpenAI. OpenAI avait par la suite mis en place des protections renforcées. Il est à noter que Disney avait conclu un accord avec OpenAI en décembre 2025, lui accordant l’accès à 200 personnages et investissant 1 milliard de dollars.
Ce précédent souligne l’état fragile du droit d’auteur artistique et des protections des interprètes à l’ère de l’IA. Comme le montre la controverse SeeDance 2.0, ces principes semblent vulnérables lorsque des intérêts financiers colossaux entrent en jeu, préparant le terrain pour une bataille juridique majeure entre la Silicon Valley et Hollywood.
