Les tentatives de traversée de la Manche par des migrants en direction du Royaume-Uni n’ont connu « aucun répit » en 2025. C’est le constat du rapport annuel de la Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, publié le 30 janvier 2026, qui confirme le maintien d’un volume élevé de ces périlleux voyages maritimes.
**Les chiffres clés du rapport annuel**
La Préfecture fait état de 49 966 personnes ayant tenté la traversée depuis la France vers le Royaume-Uni à bord de 795 embarcations l’année dernière. Si 6 177 personnes ont été secourues lors des opérations, le bilan humain reste lourd : 25 personnes sont décédées et 2 sont portées disparues.
Le document met en lumière une tendance préoccupante à la surcharge des bateaux. Le nombre moyen de personnes par embarcation est passé à 63 en 2025, contre 45 en 2023 et 26 en 2021. Plus d’une dizaine de navires transportaient chacun plus d’une centaine de personnes.
**La montée en puissance des « taxi-boats », une tactique périlleuse**
Les passeurs utilisent de plus en plus une méthode qualifiée de « taxi-boat », représentant 45% des embarcations recensées. Cette tactique consiste à mettre à l’eau de gros bateaux pneumatiques (8 à 10 mètres) depuis des points éloignés des zones de regroupement. Ces navires longent ensuite la côte pour embarquer des passagers au plus près du littoral, souvent dans une eau froide et dans des conditions chaotiques, quelle que soit la saison.
« La Manche est un espace particulièrement contraint où de nombreuses activités se superposent », a déclaré le vice-amiral Benoit de Guibert, évoquant le trafic commercial, la pêche, les ferries passagers et les opérations liées aux énergies renouvelables. Il a décrit les conditions générales de navigation comme « extrêmement difficiles ».
**Contexte plus large et arrivées au Royaume-Uni**
De son côté, le gouvernement britannique a annoncé le 1er janvier que 41 472 migrants étaient arrivés avec succès sur les côtes britanniques via la Manche en 2025. Ce chiffre constitue le deuxième total annuel le plus élevé jamais enregistré, après le pic de 45 774 arrivées en 2022.
L’évaluation de la Préfecture maritime souligne la persistance du défi migratoire irrégulier dans l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, avec des réseaux de passeurs qui adaptent leurs méthodes et exposent les migrants à des dangers graves et croissants.
