Dans une cérémonie empreinte d’émotion à l’Assemblée nationale, Cécile Kohler et Jacques Paris, les derniers otages français détenus en Iran, ont été réunis avec la nation et d’anciens captifs. L’événement, tenu mardi, a marqué leur retour officiel après près de quatre ans d’emprisonnement.
Un geste symbolique de liberté
Le moment le plus poignant est survenu lorsque Kohler et Paris ont retiré leurs portraits, qui étaient exposés devant le Palais Bourbon tout au long de leur captivité. « Nous les avons retournés, ce qui veut dire que nous tournons la page aujourd’hui, nous sommes libres », a déclaré Jacques Paris, professeur retraité de 72 ans. Il a expliqué qu’apercevoir involontairement ces portraits à la télévision d’État iranienne avait été un « grand réconfort » et un signe qu’ils n’étaient pas oubliés durant leur séjour dans la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran.
Solidarité avec ceux qui souffrent encore
Cécile Kohler, professeure de littérature de 41 ans, a exprimé une solidarité toujours vive. « Nous voulons exprimer notre solidarité avec les prisonniers iraniens qui sont en détention arbitraire dans leur pays, et aussi avec les Iraniens qui sont pris entre deux feux – d’un côté la répression, de l’autre la guerre », a-t-elle affirmé. La cérémonie s’est déroulée en présence de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, du ministre délégué aux Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, et de leurs familles.
Retrouvailles avec d’anciens captifs
Le rassemblement a revêtu une signification particulière avec la présence d’autres Français récemment libérés d’Iran : Louis Arnaud, Olivier Grondeau et Benjamin Brière. Ce dernier, arrêté en 2020 lors d’un voyage en van en Iran et emprisonné pendant trois ans, était visiblement ému. Depuis sa propre libération, il s’est profondément investi dans le soutien aux familles d’otages et à leur réinsertion.
Ovation parlementaire et affaires en cours
Plus tard, les anciens otages ont reçu une ovation debout des députés lors d’une séance de questions au gouvernement. Tout en célébrant ces retours, les responsables ont souligné les dossiers en cours. Yaël Braun-Pivet a affirmé que « la République n’abandonne jamais ses enfants », mentionnant spécifiquement le journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis juin 2023 et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Le ministre Barrot a assuré que la France restait « totalement » mobilisée pour obtenir sa libération.
La cérémonie a servi à la fois de célébration d’une liberté chèrement acquise et de rappel de la lutte persistante pour les citoyens détenus à l’étranger.
