Ce jeudi matin à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, un assassinat en plein jour a coûté la vie à Eric Robic, un homme de 51 ans au lourd casier judiciaire. L’attaque, qui présente toutes les caractéristiques d’une exécution, s’est déroulée vers 9h31 sur le boulevard Victor Hugo. Selon les premiers éléments, deux individus casqués, circulant sur un scooter Yamaha TMAX, ont ouvert le feu avant de prendre la fuite en quelques secondes.
Un témoin, choqué, a alerté les secours en évoquant une véritable exécution. Sur place, les policiers ont découvert une femme en état de choc tandis que les pompiers tentaient de prodiguer les premiers soins à la victime, qui portait un casque de moto gris et rouge. Malgré les manœuvres de réanimation sur les lieux – situés non loin du siège de la DGSI à Levallois-Perret –, Eric Robic a été déclaré mort à 10h10.
L’identité de la victime, d’abord incertaine, a été confirmée par les enquêteurs en une trentaine de minutes. Eric Robic était en effet bien connu des services de police pour de multiples délits et crimes : outrage et rébellion, escroqueries et abus de confiance, association de malfaiteurs, violences volontaires et involontaires, et homicide involontaire.
Il avait acquis une notoriété internationale en 2011 en étant impliqué dans la mort par délit de fuite d’une jeune Israélienne, Lee Zeitouni, à Tel-Aviv. Cette affaire avait provoqué un vif contentieux diplomatique entre la France et Israël. En 2013, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à cinq ans de prison pour son rôle dans ce drame. Son passager de l’époque, Claude Khayat, avait écopé de 15 mois d’emprisonnement.
Le parquet de Nanterre a confirmé les faits et ouvert une enquête. Les policiers de la police judiciaire sont désormais chargés d’élucider les motifs de cet assassinat. Plusieurs pistes sont d’ores et déjà envisagées : ce meurtre est-il lié à l’ancienne affaire de Tel-Aviv ou aux activités troubles et récentes de Robic ? Lui et Claude Khayat s’étaient en effet illustrés dans d’autres retentissantes escroqueries après le drame de 2011.
Les enquêteurs ont sécurisé la scène de crime et vont explorer plusieurs axes : le recueil des indices matériels et des traces, l’analyse des vidéos de surveillance du secteur, l’examen des données de télécommunications et l’audition des proches de la victime pour reconstituer minutieusement son quotidien récent. Le caractère audacieux de ce meurtre, perpétré en pleine journée dans une banlieue huppée de Paris, marque la fin violente d’un personnage dont la vie était entachée par le crime et la controverse.
