Une trêve de dix jours entre Israël et le Liban est entrée en vigueur à minuit, heure locale, ce vendredi, suite à l’annonce du président américain Donald Trump. Ce cessez-le-feu, intervenant après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais soutenu par l’Iran, le Hezbollah, a été accueilli par des tirs de célébration dans le bastion du mouvement dans la banlieue sud de Beyrouth. Des images montraient des habitants retournant dans ces quartiers sud lourdement endommagés de la capitale libanaise, certains agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah.
Quelques heures seulement après le début de la trêve, l’armée libanaise a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « nombreuses violations de l’accord », citant « plusieurs actes d’agression israéliens » et « des bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages » dans le sud du Liban. Elle a exhorté les civils déplacés par les combats à ne pas rentrer immédiatement. L’armée israélienne, de son côté, a averti qu’elle maintenait son déploiement terrestre dans la région et a conseillé aux gens de ne pas retourner dans la zone au sud du fleuve Litani.
En réponse aux violations présumées, le Hezbollah a annoncé avoir « bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam » dans le sud-est du Liban. Les médias officiels libanais ont également fait état de bombardements sur Khiam et le village voisin de Debbine, ainsi que d’une intense activité de drones dans la zone.
Le président Trump a déclaré qu’il travaillait à organiser une rencontre sans précédent à la Maison Blanche entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui a indiqué à l’AFP que le groupe respecterait la trêve « à condition qu’il s’agisse d’un arrêt complet des hostilités contre nous et qu’Israël n’en profite pas pour mener des assassinats. » Le président français Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude quant au fait que le cessez-le-feu était « affaibli par la poursuite d’opérations militaires » et a appelé à la sécurité des civils des deux côtés de la frontière.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’est félicité de l’accord de cessez-le-feu. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu y a vu une opportunité pour une « paix historique » avec Beyrouth, tout en réitérant son préalable concernant le désarmement du Hezbollah.
Le Liban a été entraîné dans le conflit plus large du Moyen-Orient début mars lorsque le Hezbollah a pris pour cible Israël pour soutenir l’Iran face à une offensive majeure israélo-américaine. Malgré une trêve distincte de deux semaines avec l’Iran commencée le 8 avril, Israël a poursuivi ses opérations militaires au Liban contre le Hezbollah. Selon les autorités, ces frappes ont tué plus de 2 000 personnes. L’ONU rapporte qu’un million de personnes, soit un cinquième de la population libanaise, ont été déplacées.
Parallèlement, des négociations, médiées par le Pakistan, se poursuivent pour organiser une deuxième session de pourparlers américano-iraniens visant à mettre fin à la guerre, après l’échec des discussions initiales à Islamabad le week-end dernier. Le président Trump a affirmé que les États-Unis et l’Iran étaient « très proches » d’un accord, Téhéran ayant accepté de céder son uranium enrichi – une exigence clé de Washington – bien que le gouvernement iranien n’ait pas immédiatement confirmé cette information.
