Dans une volonté affirmée de lutter contre les arrêts maladie frauduleux, l’Assurance Maladie a déployé un nouveau système de contrôle médical à distance. Depuis le 1er décembre 2025, l’organisme est habilité à effectuer des vérifications, en présentiel ou par visioconférence, pour confirmer le bien-fondé d’un arrêt de travail. Le gouvernement a annoncé cette généralisation fin novembre, après une phase pilote de trois mois menée en Normandie, en Bourgogne-Franche-Comté et en Occitanie.
**Le déroulement précis du contrôle à distance**
Les patients sélectionnés pour un contrôle sont prévenus au minimum deux jours à l’avance par email et SMS. Le message indique la procédure de connexion, la date et l’horaire du rendez-vous en visioconférence. Un rappel est envoyé la veille. L’entretien est conduit exclusivement par un conseiller médical de l’Assurance Maladie.
Les assurés peuvent se connecter avec l’appareil de leur choix. Pour les personnes dans l’incapacité ou refusant le format à distance, un rendez-vous physique est proposé comme alternative.
**Des sanctions immédiates en cas d’abus**
Si le conseiller médical estime que l’arrêt maladie n’est pas justifié, le patient et son médecin traitant en sont informés sans délai. L’Assurance Maladie se réserve également le droit d’exiger le remboursement des indemnités journalières perçues indûment.
**Un champ d’application large**
Le gouvernement précise que ce dispositif de contrôle ne s’applique pas seulement aux arrêts maladie classiques. Il concerne aussi les congés pour accident du travail, maladie professionnelle et certaines demandes liées à l’invalidité. Les autorités justifient ce système à distance par la volonté de « fluidifier les échanges entre assurés et conseillers médicaux » et de « réduire les déplacements des patients ».
**Un coût de la fraude en forte hausse**
Cette offensive répond à un enjeu financier considérable. Selon le site Ameli.fr, la fraude aux arrêts maladie a coûté plus de 30 millions d’euros à l’Assurance Maladie en 2024, une augmentation marquée par rapport aux 8 millions d’euros enregistrés en 2023.