Laissez de côté Angelina Jolie. Du moins pour les 103 minutes du nouveau film d’Alice Winocour, *Coutures*. Malgré les parallèles évidents avec la vie de la superstar, le personnage à l’écran est Maxine Walker, une réalisatrice américaine de films d’horreur confrontée à une crise personnelle en plein cœur de la Paris Fashion Week.
**Un Diagnostic Fatidique dans le Monde de la Mode**
Maxine arrive à Paris pour une mission lucrative : réaliser un court-métrage vampirique somptueux pour l’ouverture du défilé d’une grande maison de couture. Cette opportunité professionnelle vole en éclats lorsqu’elle reçoit les résultats d’un examen médical. Elle a un cancer du sein, de nouvelles images révélant plusieurs anomalies. Le temps devient soudainement précieux. Après avoir terminé son travail, elle doit immédiatement se préparer pour une opération chirurgicale.
Inspiré en partie par l’histoire personnelle de la réalisatrice Winocour et imprégné des échos du parcours médical préventif de Jolie, *Coutures* retrace les jours déchirants entre le diagnostic, l’acceptation et la décision de partir en guerre contre la maladie.
**Une Trame Floue mais Émouvante**
Le film dresse un portrait nuancé, bien qu’imparfait. Il entrelace les histoires de trois femmes à un moment charnière de leur vie — Maxine, une maquilleuse (Ella Rumpf) et un mannequin (Anyier Anei) — même si leurs récits parallèles semblent parfois trop appuyés. Malgré cela, le drame offre des séquences d’une puissance et d’une émotion brutes, incluant une scène poignante en salle d’attente avec Aurore Clément.
Parmi les moments marquants, le défilé de mode lui-même, qui sombre dans le chaos, et une visite nocturne dans un magasin Darty — une scène dont le tournage a suscité de nombreuses spéculations médiatiques. Dans le film, cette course est profondément symbolique. Accompagnée de son amant (Louis Garrel), Maxine y achète une tondeuse électrique sur les conseils de son chirurgien (Vincent Lindon), un outil pragmatique pour la bataille physique à venir.
**Prendre les Armes**
La visite chez Darty conduit à une scène intime significative entre Maxine et Anton. Pour Jolie, cela constitue une rare scène de sexe à l’écran dans sa carrière, qu’elle décrit dans des notes de production comme véhiculant un message sur « le désir et la sexualité après un diagnostic » — un moment mêlant à la fois espoir et réconfort.
L’acte de résolution déterminant du film arrive dans le silence. Au cœur de la nuit, Maxine se rend dans la salle de bains, branche la tondeuse et l’allume. Le ronronnement de l’appareil n’est pas un son de défaite, mais de mobilisation. À cet instant, Maxine Walker prend ses armes, prête au combat.
