Une vague de chaleur intense frappe le Pakistan, entraînant une flambée de la demande en électricité. Face à cette urgence, la Division de l’Énergie (Power Division) a formellement demandé à la Division du Pétrole (Petroleum Division) de sécuriser d’urgence quatre cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans une lettre officielle, les responsables ont averti que l’incapacité à obtenir ces approvisionnements pourrait aggraver les délestages à l’échelle nationale.
Ces importations planifiées sont actuellement paralysées par la fermeture renouvelée du détroit d’Hormuz par l’Iran, un point de passage maritime crucial pour les expéditions mondiales d’énergie. Le Pakistan State Oil (PSO) a confirmé que quatre cargaisons de GNL en provenance de QatarEnergy, déjà chargées et immobilisées, ne pourront être livrées avant que la situation ne se stabilise.
En l’absence de GNL, les producteurs d’électricité pourraient être contraints de recourir à une génération au diesel, beaucoup plus coûteuse. Ces surcoûts seraient alors probablement répercutés sur les consommateurs via les ajustements tarifaires sur les carburants. La Division de l’Énergie a souligné que le GNL re-gazéifié (RLNG) est essentiel pour une électricité fiable et abordable, précisant que des coûts de production plus élevés pourraient prolonger la durée des coupures.
Le ministre fédéral Ali Pervaiz Malik a indiqué que le Pakistan négociait pour sécuriser des volumes parmi 8 à 10 cargaisons disponibles de QatarEnergy une fois les conditions de force majeure levées. Dans l’intervalle, les autorités prévoient de détourner le gaz du secteur du GNC (Gaz Naturel Comprimé) vers la production d’électricité au mois de mai, tout en limitant l’approvisionnement domestique aux seules heures de cuisson. L’hydroélectricité du barrage de Tarbela apporte un certain répit, mais le déficit reste considérable.
Cette crise puise ses racines dans les tensions régionales plus larges entre les États-Unis et l’Iran. Téhéran a fermé le détroit après avoir accusé la marine américaine de poursuivre des actes de « piraterie ». Cette escalade géopolitique impacte déjà les marchés pétroliers mondiaux et la stabilité régionale, compliquant les efforts du Pakistan pour assurer sa sécurité énergétique.
Avec des importations de GNL incertaines, le Pakistan s’apprête à affronter un été difficile, marqué par la menace de blackouts et de pressions économiques, alors qu’il tente de concilier des besoins énergétiques urgents avec une dynamique internationale volatile.
