Le ministre de l’Intérieur du Pakistan, Mohsin Naqvi, a rencontré mercredi à Islamabad la chargée d’affaires américaine Natalie Baker afin de coordonner les efforts diplomatiques en vue d’un potentiel second round de négociations entre les États-Unis et l’Iran. Islamabad continue d’agir comme seul médiateur entre les deux adversaires.
Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, les deux responsables ont échangé des points de vue détaillés sur les derniers développements régionaux et l’importance d’un engagement diplomatique soutenu pour garantir la stabilité. Cette rencontre intervient alors que Washington et Téhéran évaluent les prochaines étapes après une trêve fragile négociée par le Pakistan plus tôt ce mois-ci.
**La direction pakistanaise pleinement engagée**
Naqvi a indiqué à Baker que le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef d’état-major de l’armée (COAS) et commandant en chef des forces de défense (CDF), le maréchal Asim Munir, déploient « tous les efforts à tous les niveaux » pour résoudre le conflit. Il a souligné que la diplomatie reste la seule voie viable vers une solution pacifique.
« Il est espéré que les deux parties donneront une chance à une solution diplomatique et pacifique », a déclaré Naqvi lors de la réunion.
Le ministre de l’Intérieur a également salué la décision du président américain Donald Trump de prolonger la trêve, la qualifiant de « développement bienvenu » ayant considérablement réduit les tensions. Il a exprimé l’espoir de progrès positifs du côté iranien dans les jours à venir.
**L’envoyée américaine salue le rôle du Pakistan**
Baker a reconnu le rôle constructif et responsable du Pakistan dans la promotion de la paix régionale et le soutien aux efforts de résolution des conflits. Les propos de la diplomate américaine ont souligné la confiance de Washington en Islamabad comme intermédiaire de confiance dans ces négociations délicates.
La réunion s’est tenue alors que les canaux diplomatiques restent actifs pour faciliter le dialogue et désamorcer les hostilités entre les États-Unis et l’Iran.
**Un second round attendu dans les jours à venir**
Le second round des pourparlers américano-iraniens pourrait avoir lieu dès vendredi, selon un rapport du New York Post citant le président Trump. « C’est possible ! » a déclaré Trump au Post par SMS, interrogé sur des sources au Pakistan indiquant qu’un second round était « attendu à Islamabad dans les 36 à 72 prochaines heures ».
Trump a prolongé mardi une trêve de deux semaines dans la guerre, alors qu’elle était sur le point d’expirer. Le président américain a déclaré qu’il maintiendrait la trêve pour laisser plus de temps aux pourparlers de paix négociés par le Pakistan. L’Iran a salué les efforts du Pakistan mais n’a fait aucun autre commentaire sur l’annonce de Trump.
**Le blocus naval reste un point de friction**
Malgré la prolongation de la trêve, les tensions persistent autour du blocus naval américain du commerce maritime iranien, une mesure que Téhéran considère comme un acte de guerre. Trump a confirmé que la marine américaine maintiendrait le blocus, et l’Iran a juré de ne pas rouvrir le détroit d’Ormuz tant qu’il resterait en place.
« Une trêve complète n’a de sens que si elle n’est pas violée par un blocus naval », a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a dirigé la délégation de Téhéran lors du premier round de pourparlers à Islamabad. « La réouverture du détroit d’Ormuz n’est pas possible en cas de violation flagrante de la trêve. »
**Contexte : une médiation historique**
Le conflit au Moyen-Orient a débuté le 28 février, à la suite d’une attaque surprise à grande échelle des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, malgré les négociations en cours entre Washington et Téhéran à l’époque. La trêve négociée par le Pakistan a pris effet le 8 avril, suivie du premier round de pourparlers qui a duré 21 heures à Islamabad plus tôt ce mois-ci.
Cette réunion a marqué la première rencontre directe entre des responsables américains et iraniens depuis plus d’une décennie et l’engagement le plus haut placé depuis la révolution islamique de 1979 en Iran. Le vice-président américain JD Vance et Ghalibaf ont dirigé leurs délégations respectives pour aborder une série de questions, notamment le détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien et les sanctions internationales contre Téhéran.
