Les agents de sécurité des opérateurs de transports publics SNCF et RATP vont être équipés d’armes à impulsion électrique, communément appelées Tasers, à titre expérimental. Le ministre délégué aux Transports, Philippe Tabarot, a fait cette annonce jeudi. Un décret officialisant cette mesure a été publié le même jour au Journal officiel.
**Déploiement progressif avec 10% des agents initialement**
L’autorisation de port de ces armes dites « non létales » est accordée « à titre expérimental pour une durée de trois ans à compter de la date d’entrée en vigueur », précise le décret. Le ministre Tabarot a indiqué que le déploiement serait progressif. « Dans un premier temps, 10% des agents de police ferroviaire seront équipés dans les semaines qui viennent », a-t-il déclaré, ce qui représente environ 300 à 400 agents. L’objectif est d’apporter une « réponse proportionnée » à la délinquance dans les transports, le ministre estimant que « le recours aux Tasers » peut y contribuer.
**Une réponse à la demande de sécurité des usagers**
« Nos concitoyens nous demandent de la sécurité dans les transports », a déclaré le ministre. Il a souligné la nécessité pour les forces de l’ordre de « pouvoir se protéger et protéger les usagers ». Le ministère s’appuie sur des exemples internationaux, notant que « dans certains pays, le Taser a fait la preuve de son efficacité », comme au Royaume-Uni où les forces de sécurité en ont utilisé un pour maîtriser un homme ayant blessé onze personnes dans une attaque au couteau dans un train en novembre dernier.
**Mise en œuvre et processus d’évaluation**
En France, la mesure entrera en vigueur après la publication d’un arrêté en précisant les modalités exactes et à l’issue d’une formation préalable des agents concernés, a indiqué le ministère à l’AFP. « À l’issue du processus, une évaluation du dispositif sera réalisée », a ajouté cette source.
**Autorisation individuelle pour des agents déjà armés**
La SNCF compte 3 000 agents dans son Service de surveillance générale des gares (SUGE), tandis que la RATP en compte environ un millier dans son Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR). Tous sont des agents assermentés et formés, déjà autorisés à porter des armes à feu létales. Le port du pistolet à impulsion électrique sera néanmoins soumis à une « autorisation individuelle ».
Cette disposition figurait initialement dans la loi du 28 avril 2025 sur la sécurité dans les Transports, portée à l’origine par Philippe Tabarot lorsqu’il était sénateur, mais elle avait été censurée pour un vice de forme par le Conseil constitutionnel le 24 avril 2025.
