Les fils de l’ancien Premier ministre pakistanais emprisonné Imran Khan accusent le gouvernement de bloquer délibérément leurs visas, les empêchant de se rendre au Pakistan. Dans une déclaration sur le réseau social X, Kasim Khan a affirmé que les demandes de visa de lui et de son frère étaient refusées, qualifiant cette situation de « châtiment collectif ».
Cette annonce intervient dans un contexte de vives inquiétudes concernant la santé d’Imran Khan. Kasim Khan a déclaré que son père était détenu en « confinement solitaire » depuis 914 jours et que son état de santé s’était détérioré sans accès à des soins médicaux indépendants. « Refuser un traitement à un prisonnier est cruel », a-t-il affirmé. Il a exhorté les organisations internationales de défense des droits de l’homme et les gouvernements étrangers à agir « avant que des dommages irréversibles ne soient causés ».
Ces allégations surviennent alors que la controverse sur la santé d’Imran Khan persiste. Le fondateur du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) a récemment subi une intervention oculaire dans un hôpital d’Islamabad. Son parti accuse les autorités de dissimuler des détails sur son état de santé.
Imran Khan, 72 ans, est incarcéré depuis août 2023 à la suite de plusieurs condamnations, qu’il et son parti estiment être politiquement motivées. Les affaires clés incluent l’affaire Toshakhana concernant des cadeaux d’État, une peine de 10 ans pour la fuite d’un câble diplomatique, et une peine de 14 ans dans l’affaire de corruption Al-Qadir Trust. Il fait face à des dizaines d’autres accusations, qu’il rejette toutes.
Les fils d’Imran Khan affirment à plusieurs reprises que leur père est détenu dans des conditions « épouvantables » dans une « cellule de la mort » à la prison d’Adiala, avec une communication restreinte. Ils déclarent que les contacts mandatés par le tribunal n’ont pas été systématiquement autorisés. Le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, a confirmé une interdiction générale des rencontres avec le politicien incarcéré depuis décembre 2025.
À l’inverse, les autorités pénitentiaires ont déclaré qu’Imran Khan bénéficiait de toutes les installations auxquelles un prisonnier de « classe B » a droit, y compris des soins de santé, des repas adaptés et de l’exercice.
Le PTI affirme que les affaires judiciaires et les restrictions d’accès font partie d’une campagne visant à exclure Imran Khan de la vie publique et des futures élections. L’impasse sur les visites familiales et les soins médicaux continue de mettre en lumière les profondes divisions politiques au Pakistan suite à la destitution de Khan en 2022.
