Un enseignant en pharmacie d’un collège médical privé de Mirpurkhas, qui occupait simultanément un poste d’instituteur dans une école primaire publique, a été arrêté dans le cadre de l’affaire du harcèlement présumé et du suicide ultérieur d’une étudiante en médecine. Cette arrestation fait suite à plusieurs jours de protestations publiques exigeant justice.
**Suicide et allégations de harcèlement**
Fehmida Leghari, une étudiante en troisième année de médecine, a été retrouvée morte à son domicile de Satellite Town, victime d’une blessure par balle. L’autopsie a confirmé la cause du décès, indiquant que la balle a frappé le côté gauche de sa poitrine, endommagé son cœur, et est ressortie de son corps. La police a saisi son téléphone portable dans le cadre de l’enquête.
Selon les déclarations de la sœur de la victime, l’étudiante s’était auparavant plainte de harcèlement de la part de professeurs et d’autres étudiants du collège. Une plainte (FIR) a ensuite été déposée par l’oncle de la défunte, incriminant le directeur du collège, son épouse (également professeure), le professeur arrêté et deux étudiants pour harcèlement sexuel et complicité de suicide.
**Arrestation, caution et recherche des fugitifs**
L’individu arrêté, identifié comme étant Abid Leghari, a été présenté à un magistrat qui l’a placé en garde à vue policière pour quatre jours. L’enquête a révélé qu’il travaillait conjointement comme instituteur dans le district de Tando Allah Yar tout en occupant son poste de chargé de cours.
Le directeur du collège et son épouse ont obtenu une liberté sous caution préventive de 13 jours auprès d’un tribunal local. La police rapporte que deux autres accusés nommés dans la plainte sont toujours en fuite, et une traque est en cours.
**Indignation publique et réactions officielles**
Cet incident a déclenché d’importantes protestations. La famille de la victime et des habitants ont organisé un sit-in à un poste de péage pendant plus de 12 heures, bloquant la circulation pour exiger l’arrestation de tous les suspects. La manifestation, rejointe par des groupes de la société civile, n’a pris fin qu’après l’arrestation du chargé de cours.
En réponse, le ministre de l’Éducation du Sindh, Syed Sardar Shah, a suspendu l’enseignant et émis un avertissement officiel, affirmant que les individus ayant un « état d’esprit criminel » ne seraient pas tolérés dans le secteur éducatif.
**Multiples enquêtes ouvertes**
Les autorités ont lancé plusieurs investigations parallèles :
* Un comité d’enquête policier de trois membres, supervisé par le SSP, a été mandaté pour rendre son rapport sous 10 jours.
* La ministre provinciale du Développement de la femme, Shaheena Sher Ali, a annoncé la constitution d’un comité d’enquête distinct.
* Le Pakistan Medical and Dental Council (PMDC) a pris acte officiellement de l’affaire, demandant les dossiers du collège et un rapport d’enquête au gouvernement du Sindh. Le PMDC a réitéré sa politique de tolérance zéro en matière de harcèlement.
Le SSP Syed Fida Hussain a déclaré que les motifs du suicide étaient examinés en détail, des informations étant également recueillies par des canaux confidentiels. L’enquête se poursuit alors que l’affaire continue d’évoluer.
