Dans un camouflet diplomatique marqué, Israël a exprimé explicitement son souhait d’éloigner la France des négociations nouvellement relancées avec le Liban. Ces déclarations sont venues de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, qui a affirmé devant des journalistes : « Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s’impliquer dans ces négociations. » Il a insisté, précisant que l’objectif d’Israël était de maintenir Paris « aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout en ce qui concerne les négociations de paix. »
Ce rejet public pointe vers un désaccord plus profond. Israël considère la France comme « non nécessaire » et dépourvue d' »influence positive » au Liban, une position qui vise à disqualifier une nation aux liens historiques profonds et disposant de canaux politiques et diplomatiques importants à Beyrouth. Cette prise de position est d’autant plus visible que la France a récemment rejoint dix-sept autres nations pour appeler Israël et le Liban à saisir l’opportunité offerte par les pourparlers médiés par les États-Unis.
Les négociations en question marquent un tournant significatif. Mardi, des responsables israéliens et libanais se sont rencontrés à Washington pour leurs premières discussions directes depuis plus de trente ans. Les pourparlers, médiés par les États-Unis, ont été décrits comme « constructifs » par l’ambassadrice libanaise Nada Hamadeh Moawad, qui a mis en avant un cessez-le-feu, le retour des populations déplacées et la souveraineté libanaise. L’objectif d’Israël reste la sécurisation de sa frontière nord et le désarmement du Hezbollah.
La volonté d’Israël d’exclure la France est motivée par plusieurs facteurs. Les positions françaises sur les opérations militaires israéliennes au Liban et son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien ont tendu les relations avec le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu. De plus, Israël semble déterminé à maintenir le dialogue étroitement cadré et géré directement par son principal allié, les États-Unis, sans acteurs supplémentaires à la table.
Cette mise à l’écart d’une puissance européenne traditionnelle souligne la préférence de l’administration israélienne actuelle pour un processus diplomatique centré sur les États-Unis, alors que les violences se poursuivent le long de la frontière libano-israélienne.
